Une rose seule, de Muriel Barbery

Voici une lecture que j’avais hâte de commencer, après l’excellent souvenir que je garde de L’élégance du hérisson, deuxième roman de Muriel Barbery. Et finalement, sans être à mon avis un grand roman de la rentrée, c’est un récit qui a beaucoup de grâce et qui se révèle sensible et agréable à lire.

Résumé

Une rose seule nous emmène voyager au Japon aux côtés de Rose, une quadragénaire française botaniste de profession qui mène une vie mélancolique et sans saveur. Rose n’a pas connu son père, un marchand d’art japonais que sa mère a quitté avant sa naissance, et à la mort de ce dernier, elle est appelée au Japon pour découvrir son testament. Or l’héritage légué par son père comporte un aspect bien particulier, puisque ce dernier avant de mourir lui a préparé un étrange voyage initiatique au cœur des temples japonais, qu’elle effectuera aux côtés de Paul, le fidèle collaborateur du défunt.

Bousculée dans sa solitude, elle se confrontera à ses origines et à ses sentiments, redécouvrant le pouvoir floral et l’harmonie avec la nature, dans une culture qui célèbre la vie autant qu’elle connaît le sens de la mort et de la souffrance.

Mon avis

Le Japon, culture raffinée et fascinante

L’auteur nous partage la connaissance intime qu’elle a du Japon pour y avoir vécu deux ans, et à ce titre, l’exercice est réussi puisqu’on baigne immédiatement dans cet univers exotique et fascinant que représente le pays du Soleil Levant. Pour ma part je dois avouer ma totale méconnaissance de cette culture, que je n’ai guère approchée que dans Stupeur et Tremblements d’Amélie Nothomb, et le peu d’attrait qu’elle exerçait sur moi… Et j’ai été plutôt séduite par la description bucolique et florale qu’en offre Muriel Barbery.

On découvre le raffinement d’une culture fondée sur les traditions ancestrales et sur un esthétisme quasi religieux. Avec Rose, on admire les bambous, on respire les fleurs et leur paix végétale qui adoucit l’austérité minérale des roches bordant les paysages nippons. On assiste à sa métamorphose intérieure tout au long de son pèlerinage à travers les temples de la ville de Kyoto, durant lequel elle retrouve l’amour et sa propre sensibilité.

Un récit esthète et délicat

C’est un récit esthétique, truffé de références poétiques. Tout concourt à nous faire rentrer en nous-mêmes : l’atmosphère raffinée et feutrée, le fil rouge qui va de lys en camélia et de lilas en bambou, au rythme des chamboulements intimes des personnages, et jusqu’au rituel du thé, que Muriel Barbery décrivait si bien déjà dans L’élégance du hérisson, (c’est sans doute cette façon de raconter le thé que je préfère chez cette auteur) et qu’elle érige à nouveau en véritable art de vivre. Le tout restitué avec sa délicatesse habituelle. En fermant le livre, j’ai l’impression de sortir d’une longue rêverie .

Je n’ai cependant pas ressenti le « choc » littéraire qu’avait provoqué chez moi L’élégance du Hérisson, j’ai notamment trouvé que les personnages et l’intrigue manquaient parfois de relief.

Mais Une rose seule reste tout de même la promesse d’un bon moment, que je vous recommande de savourer par un après-midi calme, lové dans un canapé moelleux en savourant une tasse de thé japonais bien chaud… Et si vous pouvez agrémenter ce moment de quelques senteurs de lilas ou de camélias, c’est encore mieux! Même si je crains que ce ne soit pas encore la saison…

Voir ma chronique sur Viabooks

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Une rose seule, Muriel Barbery – Actes Sud (158 p)

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